A story.

french flag pastel
So here, I’d just like to say how it all started.

I was about 14. I was not particularly gloomy, but as I still do now, I loved to ask questions to people around me.
That day, I asked my dad: ‘dad, what would you do if you were told that you only had 6 months left to live’?
[By the way, I’d like to thank my dad here for not believing that only electroshocks would cure my thoughts.]
I guess I was hoping for the sort of oh-dear-I-would-go-away-and-leave-everything-behind-and-there-is-so-much-I-have-never-done-I-wish-I-had-and-oh-my-god-this-is-terrifying!

Instead of this, my dad simply said: ‘I would do nothing in particular. I would live just as I lived yesterday, and as I’ve lived today.’

Of course I couldn’t comprehend such a calm reaction. I probably said something along those lines: ‘Oh my god but there’s so many things you’ve never done!’
To which my dad replied: ‘Precisely. And if I haven’t done them, it’s because I didn’t really want to. You don’t choose what your life is when you only have 6 months left. You choose it everyday. When you’re lucky enough to be free, that is… Obviously. I was extremely lucky in that respect. I’m free. I’m able to choose, every single day of my life. So why should I change all of a sudden, when every day has always been, equally, a matter of choices?’

I couldn’t believe it. I thought this was part of the adulthood resignation package. The sort of things you tell your kids so that they don’t freak out. I asked again: ‘So it means that there’s NOTHING, not even one tiny detail that you would change if you could?’
My dad smiled. He said ‘of course, I regret things. When I’ve hurt people, in particular. Of course I’d like to make this pain disappear. But if something wrong could be amended, I’ve done my very best to do so. And when I made a mistake, I accepted the fact that it was already done. So I can’t see how this means that I should change something in my life, should it last for only 6 extra months. I’ve always prioritised what seemed the most important. I’ve made the decisions I wanted to make. And in that sense, there’s absolutely nothing that I regret.’

Now of course my dad understood the real question behind all this. You’re 14, you believe life is very long, but people around you are already dying, full of regrets. It makes your 14-year-old brain panic a little. You try to identify what experiences should be made.

I didn’t add a word, but my dad said: ‘You know, if all of a sudden, just because you’re going to die, you want to change everything in your life… Unless of course you’re not free… It probably means that so far, you’ve not been living the life that was right for you. If I don’t want to change things, it’s not because I’ve no imagination… On the contrary, it’s because I have plenty. Which allowed me to know that every day, I was living the life that was right for me. I’m not saying it’s the best one in the world. Other people would find my life tragic, sad, or merely dull. That’s why I can’t tell you what you need to live. But I can tell you this: you must figure it out. Then, any hard choice would appear so easy in comparison.’

That’s when it all started.

It took me another 14 years to truly understand what he meant that day. Brains, just as fears and feelings, can be slow… Eventually, however, I knew some decisions were to be made. In the end, I did make them. And for the first time, I’m busy living.



Ici, je voudrais simplement raconter comment tout ça a commencé.

J’avais dans les 14 ans. Je n’étais pas d’humeur particulièrement glauque ce jour-là, mais de la même façon que je continue de le faire aujourd’hui, j’aimais poser toutes sortes de questions existentielles à mon entourage.
Ce jour-là, j’ai demandé à mon père : « papa, qu’est-ce que tu ferais si on te disait qu’il ne te restait que six mois à vivre ? »
[Entre parenthèses, je voudrais remercier mon père pour n’avoir pas cru que seuls des électrochocs guériraient ma pensée.]
Je pense que j’attendais une réponse du genre : « Oh seigneur je partirais en laissant tout derrière-moi et il y a tant de choses que je n’ai jamais faites et oh mon dieu je suis tellement terrifié rien qu’à cette idée ! »

Mais au lieu de ça, mon père m’a simplement répondu : « Je ne ferais rien en particulier. Je vivrais juste comme hier, ou comme j’ai vécu aujourd’hui. »

Évidemment je ne pouvais pas comprendre qu’il ait une réaction aussi calme. J’ai sûrement dit un truc du style : « Oh mon dieu mais il y a tellement de choses que tu n’as jamais faites ! »
Ce à quoi mon père m’a répondu : « Justement. Si je ne les ai pas faites, c’est que je ne voulais pas vraiment les faire. On ne choisit pas sa vie quand il ne nous reste que six mois à vivre. On la choisit tous les jours, quand on a la chance d’être libre, évidemment… J’ai eu beaucoup de chance à cet égard. J’ai eu la possibilité de choisir, chaque jour de ma vie. Il n’y a aucun choix que je regrette. Alors pourquoi je changerais tout à coup ? »

Je ne pouvais pas le croire. J’ai cru que ce genre de discours faisait partie du lot de résignations qui allaient avec l’âge adulte. Le genre de trucs qu’on dit à ses mômes pour ne pas qu’ils paniquent. Alors j’ai demandé à nouveau : « En fait ça veut dire qu’il n’y a RIEN, pas même le plus petit détail, que tu voudrais changer dans ta vie ? »
Mon père a souri. Il a dit « bien sûr que je regrette certaines choses. Quand j’ai fait du mal aux gens, en particulier. Mais si quelque chose fait de travers pouvait être rectifié, j’ai fait de mon mieux pour que ça le soit. En même temps, quand j’ai fait une erreur, j’ai accepté qu’elle soit déjà faite. C’est pour ça que je ne vois pas en quoi ça signifie que je devrais changer totalement ma façon de vivre ma vie, même si celle-ci ne devait durer que six mois supplémentaire. J’ai donné la priorité à ce qui comptait le plus. J’ai pris les décisions que je voulais prendre. Et c’est dans ce sens-là que je n’ai rien, oui absolument rien, à regretter. »

Bien sûr, mon père comprenait quel genre de véritable question se cachait derrière tout ça. À 14 ans, on croit que la vie est encore longue, mais déjà les gens autour de nous meurent, emplis de regrets. Les cerveaux d’à peine 14 ans se mettent à paniquer un peu, cherchent quoi vivre.

Je n’ai pas ajouté un mot. Mais mon père, lui, a dit : « Tu sais, si tout à coup, juste parce que tu vas mourir, tu veux tout changer dans ta vie… ça veut probablement dire que la vie que tu vivais jusqu’à présent n’était pas vraiment la tienne. Si je ne veux rien changer, ce n’est pas parce que je manque d’imagination… Au contraire, c’est parce que j’en ai plein. Plein d’imagination qui me permet de savoir que chaque jour, j’ai vécu la vie que je souhaitais, celle qui était juste à mes yeux. Je ne dis pas que j’ai la plus belle existence. Pour certains, elle paraîtrait tragique, triste ou tout simplement banale, ennuyeuse. C’est pour cette raison que je ne peux pas te dire ce que tu dois vivre. Mais ce que je peux te dire, c’est ça: tu dois découvrir ce que c’est, ce que tu veux vivre. Après ça, les choix difficiles seront devenus faciles, par comparaison. »

Alors c’est là que ça a commencé.

Il m’a fallu 14 autres années pour comprendre véritablement ce qu’il avait voulu dire ce jour-là. Cerveaux, peurs et ressentis : tout ça peut être bien lent… Mais finalement, j’ai su que je devais prendre certaines décisions. J’ai fini par les prendre. Et pour la première fois, ce qui occupe mes journées, c’est juste de les vivre.

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