How Depression Saved My Life – Part II

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The risk, with a depressed and destructive state of mind, is that you get used to it. You just live with it. Which is good in a way, I guess, because it gives you the strength to carry on whatever the circumstances. But it’s also really scary, because the more it takes over, the less likely you may be to realise that this time, things have gone too far.

When should have I said: that’s enough, now, I need to do something?

Perhaps it was the first time I forbade myself to sleep in a bed.

Maybe it was when I decided that I was not allowed any leisure, and therefore shouldn’t watch a film.

Or was it when, in fact, this leisureless life had been going on for so long that I genuinely was no longer able to watch a film? When I was lacking my very ability to focus on something else than work?

No, maybe it was when it took me three hours to get out of a place. Of any place. Because there were too many things to check, too many doors to shut, too many people I could potentially hurt.

Perhaps it was when I could no longer have a normal conversation without thinking about dead people surrounding me, invading my space.

I don’t know. What I know is that there’s of course more than one answer to this question: when do you know when you’ve gone too far?

Anytime is the good time to say you’re feeling bad, if you are indeed feeling bad. There is not necessarily a specific threshold to identify, and any scale, although helpful, doesn’t represent the only truth. If you feel that you’re harming yourself in any kind of way, it’s the right time to take immediate actions.

Being completely burned-out saved my life not only because it prevented me from getting any deeper into self-loathing, but also because it draw a clear line: I had gone too far.

It’s a shame that I needed to implose to understand that. But I don’t regret anything, because it meant that I needed to get this far to react. I wouldn’t have changed a thing in my life if I didn’t stop functioning all of a sudden. It’s very different already, and it has only been a year. As soon as I see myself becoming my own enemy again, I don’t need to watch the full battle to see me pray for merciless. I take immediate actions to change the course of events, and, most importantly, the course of my thoughts.

Depression gave me boundaries I never had before. I didn’t even like the very concept of boundary. I was of course confused: to me, boundaries were weaknesses.

You see, sometimes I’m tired. And you know what I do then? Well, I just go to sleep. Sounds pretty dumb, don’t you think? Well, sleeping when I’m tired has changed my life for the best.

I used to think that overcoming your bodily needs with your mind was a powerful act. Actually, it’s just dangerous. Fair enough if people want to take that road. I’m not going to judge them. I was just like that. Who am I to talk? But now, I know that if there’s something I need (like sleep), there’s no shame in indulging in it. I didn’t know there was a positive side to certain boundaries.


Comment la dépression a changé ma vie – 2eme partie

Le risque, avec un état d’esprit dépressif et destructeur, c’est qu’on peut s’y habituer. On fait avec. Ce qui est une bonne chose dans un sens, j’imagine, parce que c’est ce qui nous donne la force de continuer quelles que soient les circonstances. Mais c’est également effrayant, parce que plus c’est cette partie-là de nous qui prend le contrôle, moins on est susceptible de réaliser que cette fois, les choses sont allées trop loin.

Quand est-ce que j’aurais dû dire : ça suffit, maintenant, je dois faire quelque chose ?

Peut-être la première fois que je me suis interdit de dormir dans un lit.

Ou peut-être quand j’ai décidé que je ne devais m’autoriser aucun loisir, et que je ne devais donc pas regarder de film.

Ou est-ce que c’était quand cette vie dénuée de loisirs avait duré si longtemps que je n’étais même plus capable de regarder un film ? Quand il me manquait jusqu’à la simple capacité de me concentrer sur autre chose que du travail ?

Non, peut-être que c’était quand il m’a fallu trois heures pour sortir d’un endroit. De n’importe quel endroit. Parce qu’il avait trop de choses à vérifier, trop de portes à fermer, trop de gens à qui je pouvais potentiellement faire mal.

Peut-être que c’était quand je ne pouvais plus avoir une conversation normale sans penser à des gens morts tout autour de moi, envahissant mon espace.

Je n’en sais rien. Ce que je sais, c’est qu’il y a plus d’une réponse à cette question : quand est-ce qu’on sait quand on est allé trop loin ?

N’importe quel moment correspond au bon moment pour dire qu’on se sent mal, si on se sent mal. Il n’y a pas nécessairement de seuil spécifique à identifier, et toute échelle, bien qu’elle soit utile, ne peut représenter la vérité absolue. Si on pense qu’on en train de se faire du mal, de n’importe quelle façon, c’est le bon moment pour réagir, et réagir immédiatement.

Etre en burn-out complet m’a sauvé la vie non seulement parce que cela m’a empêché de m’enfoncer plus profondément dans le dégoût de moi-même, mais aussi parce que cela a tracé une ligne claire : j’étais allée trop loin.

C’est dommage qu’il m’ait fallu imploser pour comprendre ça. Mais je ne regrette rien, parce que cela voulait dire que j’avais besoin d’aller si loin que ça pour réagir. Je n’aurais rien changé à ma vie si je n’avais pas soudainement arrêté de fonctionner. C’est déjà très différent, et ça ne fait qu’un an à peine. Dès que je me vois redevenir ma propre ennemie, je n’ai pas besoin de regarder toute la bataille pour me voir enfin demander grâce. Je prends des mesures immédiates pour changer le cours des événements, et surtout, le cours de mes pensées.

La dépression m’a donné des limites que je n’avais jamais eues. Je n’aimais même pas le concept de limite. Je me trompais : pour moi, toute limite était une faiblesse.

Vous voyez, des fois je suis fatiguée. Et vous savez ce que je fais ? Ben je vais me coucher. Ça a l’air plutôt con, non ? Ouais, mais dormir quand je suis fatiguée, ça a juste changé ma vie.

Avant, je pensais que surmonter les besoins du corps par l’esprit signifiait faire acte de puissance. En fait, c’est juste dangereux. Pas de souci si des gens veulent choisir cette route. Je ne les juge pas. J’étais exactement comme ça. Qui suis-je pour parler? Mais maintenant, je sais que si j’ai besoin de quelque chose (comme de dormir), il n’y a aucune honte à avoir à accepter d’y succomber. Je ne savais pas qu’il pouvait y avoir un côté positif à certaines limites.

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