The First Sick Leave

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One year ago, for the first time of my life, I could no longer avoid taking a sick leave… Before that day, I had never missed work for sickness, not even for an hour. So when my doctor said that this time I needed at the very least a week, I almost fainted. If he had told me that this one-week leave would turn into a three-month leave and a career change, I would have run away. Except that I could barely walk at the time, let alone running.

I didn’t run away. Therefore I know most of you feel the same. The first time your doctor says that you need to take a sick leave, you laugh as loudly as possible. The second time he says it, you get angry. And the third time he says it, well, you have no words left and you accept, but you’re terrified.

What are my colleagues going to do without me? Aren’t I imposing far too much work onto them just because I’m being a bit difficult? Surely, if I don’t have some sort of broken leg, I should go to work… Look, I already feel better. That’s when your doctor asks you to shut up and listen: no, the world’s not going to stop turning because you’re not going to work tomorrow, or for two days, or for a month. No, your colleagues are not going to think that you’re a jerk for not going to work. They’re not going to talk about you all the time, insisting on how much of an asshole you are. They’re going to be sorry for you. They’re going to hope you’ll get better soon. They’re going to offer their help and support. In fact, they’re going to give you more than you ever could have expected: understanding and compassion.

Yes, but what about hierarchy? What will my manager think of me? Isn’t s/he going to think that I’m unreliable? Is s/he going to think that I don’t care about my job? Is s/he going to think that I’m a terribly selfish human being? And again your doctor you will ask you to shut up, for god’s sake. He’ll tell you some breaking news: your manager is a human being too. And there’s a good chance s/he’s going to think in human terms too. Sure, s/he will have to deal with your absence. Sometimes that’s not easy. But the fact that things might be difficult to plan doesn’t mean that people are blaming you for it.

I was lucky, and I’m fully aware that not everyone is as lucky as I was. But if your manager indeed thinks you’re an unreliable self-centred worthless individual for taking a sick leave… Are you really sure you still want to work for her/him anyway?


Whatever the circumstances, taking a sick leave when you need one is a good thing. If you’re lucky enough to be in a supportive team, you’re about to see how much people care, how much people want to help you. You probably had no idea that you were so close to them on so many levels. And if you’re unlucky and working in an unsupportive and judgemental team, and that people criticize you for being lazy when you can’t even sleep at night or stop crying, are you sure your job is worth saving?

It took me a full month to really accept that I was on sick leave. One painful month when all I could think about was the fact that I should have been working instead. That didn’t make the sick leave shorter, let me assure you. Don’t make my mistake. If you need a sick leave, because your health is at risk in any kind of way, then don’t even question it. Do it. Because when you’ll come back, it will be for good this time.

I’ve only started working again a week ago. I hadn’t worked for a year. And yes I still have to fight against OCD and self-shaming all the time. Yes, there are many times when I need to prevent my brain from counting. I’m walking, and when I suddenly realise that I’m counting, I’m at 49 already… And I can’t stop there, because that’s an odd number, I mean, how awful is that? So you know what I do then? I remember that it took me a year to get better. That I’m never letting this bullshit ruin my life again.

I wasn’t given a brand new brain over the past twelve months, but I was given something even more valuable: time to think and self-respect. So I decided that the only thing that matters, at the end of the day, is that I feel good. And you know what? I do. Even when I need to stop at an odd number.


Le premier arrêt maladie

Il y a un an, pour la première fois de ma vie, il n’a plus été possible d’éviter l’arrêt maladie. Avant ce jour-là, Je n’avais jamais manqué le travail, pas même une heure, pour raison médicale. Alors quand mon docteur m’a dit que cette fois-ci j’aurais besoin d’au moins une semaine d’arrêt, j’ai failli m’évanouir. Et s’il m’avait dit que cet arrêt d’une semaine se transformerait en arrêt de trois mois et en changement de carrière, je me serais enfuie en courant. Sauf que je pouvais déjà à peine marcher à l’époque, alors vous imaginez, courir…

Je ne me suis pas enfuie en courant. Mais je sais du coup que la plupart d’entre vous pensez la même chose. La première fois que votre médecin vous dit que vous avez besoin d’un arrêt de travail, vous riez aussi bruyamment que possible. La deuxième fois qu’il le dit, vous vous mettez en colère. Et la troisième fois qu’il le dit, il ne vous reste plus aucun mot et vous acceptez, mais vous êtes terrifié(e).

Qu’est-ce que mes collègues vont faire sans moi ? Est-ce que je ne leur impose pas beaucoup trop de travail juste pour un petit caprice ? Certainement que si je n’ai pas un truc comme une jambe cassée, je devrais aller travailler. Regardez, je me sens déjà mieux. C’est là que votre docteur vous dit de la fermer un brin et d’écouter : non, le monde ne va pas s’arrêter de tourner parce que vous n’irez pas au travail demain, ou pendant deux jours, ou pendant un mois. Non, vos collègues ne penseront pas que vous êtes une vraie conne de ne pas aller travailler. Ils ne vont pas parler de vous à tout bout de champ, insultant la pourriture que vous croyez être. Ils seront désolés pour vous. Ils espéreront que vous vous rétablirez vite. Ils vous offriront leur aide et leur soutien. En fait, ils vous donneront plus que ce que vous aviez jamais espéré : compréhension et compassion.

Oui d’accord, mais et la hiérarchie ? Qu’est que mon/ supérieur(e) va penser de moi ? Est-ce qu’il/elle va penser qu’on ne peut pas compter sur moi ? Est-ce qu’il/elle va penser que je me fiche de mon travail ? Est-ce qu’il/elle va penser que je suis un être humain affreusement égoïste ? Et encore une fois votre médecin vous demandera de vous taire, pour l’amour du ciel. Il vous fera part d’une nouvelle incroyable : votre supérieur(e) est également un être humain. Et il y a de bonnes chances qu’il/elle pense en termes humains aussi. Bien sûr, il/elle devra palier votre absence. Parfois ce n’est pas évident. Mais le fait que des choses puissent être difficiles ne signifient pas pour autant que les gens vous en tiennent responsable.

J’ai eu de la chance, et je sais bien que tout le monde n’a pas autant de chance que moi. Mais si votre supérieur(e) pense en effet que vous êtes un individu égocentrique, sans valeur et sur qui on ne peut compter, tout ça à cause d’un arrêt de travail… Est-ce que vous êtes vraiment sûr(e) de vouloir travailleur avec lui/elle, de toute façon ?


Quelles que soient les circonstances, se mettre en arrêt maladie quand vous en avez besoin est une bonne chose. Si vous avez la chance de travailler dans une équipe qui vous soutient, vous êtes sur le point de découvrir à quel point les gens font attention à vous, à quel point ils veulent vous aider. Vous n’aviez probablement aucune idée que vous étiez si proches les uns des autres, à tant de niveaux. Et si vous n’avez pas de chance et travaillez pour une équipe qui ne vous soutient pas, une équipe prête à juger, et que les gens critiquent votre paresse alors que vous ne pouvez pas même dormir la nuit ou vous arrêter de pleurer, est-ce que vous êtes sûr(e) que préserver votre emploi vaut le coup ?

Il m’a fallu un mois pour accepter réellement que j’étais en arrêt maladie. Un mois douloureux où la seule chose à laquelle je pensais, c’était que j’aurais dû être au travail. Ça n’a pas rendu l’arrêt moins long, je vous assure. Ne faites pas mon erreur. Si vous avez besoin d’un arrêt maladie parce que votre santé est en jeu de quelque manière que ce soit, alors ne remettez pas ça en question. Faites-le. Parce que quand vous reviendrez, ça sera pour de bon.

J’ai seulement recommencé à travailler il y a une semaine. Je n’avais pas travaillé depuis un an. Et pourtant je dois encore combattre sans cesse les TOC et l’auto-humiliation. Oui, il y a bien des moments où je dois empêcher mon cerveau de compter. Je suis en train de marcher, et quand je réalise que je suis en train de compter, j’en suis déjà à 49. Et je ne peux pas m’arrêter là, parce que c’est un nombre impair. Ce serait horrible ! Alors vous savez ce que je fais ? Je me souviens qu’il m’a fallu un an pour aller mieux. Que je ne laisserai plus jamais ces conneries détruire ma vie.

Ces douze derniers mois, je n’ai pas reçu un cerveau tout beau tout neuf, mais j’ai reçu quelque chose d’encore plus précieux : du temps pour réfléchir, et le respect de soi. J’ai donc décidé que la seule chose qui comptait, au bout du compte, c’est que je me sente bien. Et vous savez quoi ? Maintenant c’est le cas. Même quand je dois m’arrêter à un nombre impair.

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