Not a Symbol, Only Death

french flag pastel

We can’t explain death because it’s beyond words.

Not because it’s irrational. On the contrary, it’s very rational, science explained it really well.

Death is beyond words because it’s absurd, and we can never keep quiet when facing the absurd. We need to feel in the void with words. Just as in a break-up.

Really, how absurd is that? You’re alive. And then, bam, you’re dead.

That’s only three words, really: alive, then dead.

No wonder we need more than those.

Death is beyond words because most of us have only ever heard conventional speech about the dead.

So many’s views are changed with death. People who used to hate you will suddenly claim they loved you so much… They will invent a language so full of flowers, and sparkle, and glitters that people would think you were secretly lovers.

But wait. It’s not (only) about being hypocritical.

It’s also because death gives a voice to those who are usually speechless, those who remain silent. Maybe it’s because they fear no more. Or maybe it’s because now, they’re really scared. Either way, death plays with our fears, makes us easy to bend, and sometimes, sadly, easy to break too.

Death is beyond words precisely because death makes us speak. At least in my society I believe it does.

We believe death means silence but it’s only one person who’ll be silent forever. The rest of us will invent, or pass on stories.

The secrets we make, we make them as living. Whereas the lies we make, they can be immortal.

This is not to say that we shouldn’t talk about the dead. There’s no should or shouldn’t anyway. Everyone does what they feel like doing.

However, the most powerful tribute we can give to someone who died is probably to remain faithful to what we thought they were when they were alive. What makes you a hero is the life you’ve lived, not the way you died. What makes you good people is what you’ve done when you were alive.

Let’s spend much more time thinking about what we do as alive beings.

Let’s make life too beyond words: let’s make it real.


Pas un symbole, juste la mort

On ne peut expliquer la mort, car elle est au-delà des mots.

Pas parce qu’elle est irrationnelle. Elle est très rationnelle, au contraire, la science l’a très bien démontré.

La mort est au-delà des mots parce qu’elle est absurde, et qu’on ne sait jamais se taire devant l’absurde. On doit remplir le vide de mots. Comme dans toute rupture.

Cela n’est-il pas complètement absurde, en vérité? On est vivant. Et puis d’un coup, bam, on est mort.

Rien que ces trois mots le disent : vivant, puis mort.

Pas surprenant que l’on ait besoin de plus que ça.

La mort est au-delà des mots parce que la plupart d’entre nous n’avons jamais entendu que des discours conventionnels sur la mort.

L’opinion de beaucoup de gens change avec un décès. Les gens qui nous détestaient se mettront soudain à clamer à quel point ils nous aimaient… Ils inventeront un langage si fleuri, si brillant, si pailleté, qu’on croira que nous étions secrètement amants.

Mais attendez. Ça n’est pas (seulement) de l’hypocrisie.

C’est peut-être aussi parce que la peur donne une voix à ceux qui en étaient privé, à ceux qui restaient silencieux. Peut-être parce qu’ils n’ont plus peur. Ou peut-être parce qu’à présent, justement, ils sont terrifiés. Dans un cas comme dans l’autre, la mort joue avec nos peurs, nous rend prompts à plier, et, malheureusement, prêts à nous rompre, aussi.

La mort est au-delà des mots justement parce qu’elle nous fait parler. En tout cas, dans ma société je crois que c’est le cas.

On croit que la mort impose le silence mais il n’y a qu’une personne qui se taira à jamais. Le reste d’entre nous inventera, ou transmettra des histoires.

Les secrets que l’on fait, on les faits en tant que vivants. Alors que les mensonges que l’on crées peuvent être immortels.

Ça ne revient pas à dire qu’on ne devrait pas parler des morts. Ce n’est pas une question de on devrait ou on ne devrait pas de toute façon. Chacun fait comme il le sent.

Cependant, le plus grand homage que l’on puisse rendre à quelqu’un qui est mort, c’est probablement de rester fidèle à ce que l’on pensait de lui lorsqu’il était vivant. Ce qui fait de quelqu’un un héros, ce n’est pas la façon dont ce quelqu’un meurt, mais la façon dont il a vécu sa vie. Ce qui fait de lui quelqu’un de bien, c’est ce qu’il a fait quand il était vivant.

Passons plus de temps à penser à ce que nous faisons en tant que vivants.

Faisons de la vie elle aussi un au-delà des mots : rendons-là réelle.

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