OCD Doesn’t Mean Hallucination , Yet It Is Quite Visual

french flag pastel
Content warning: intrusive thoughts of death discussed.


Every time I cross a street, I visualise – in slow motion and despite my best efforts – a car crashing into my legs, the bones tearing my skin open. I hear the sounds of my body fracturing in multiple places, my torso sinking on wrecked thighs. I hear the crackling of my ribs spreading apart, I don’t fly in the air to only collapse metres away, I just crumble graceless, dislocated, on a dirty street.


I rarely visualise blood though.

I’m sorry if this is distressing. That’s exactly how I feel every time it pops into my head – every time, or almost every time I cross a street. There’s no real warning. Apart from the fact that death has been omnipresent in my thoughts for years. I put ‘death’ before this text too, as an attempt to warn you too, but then again: how does it make what follows less distressing? I’m sorry, that’s just the way I feel.

Death is shocking enough as a concept.
But as constant intrusive thoughts, death is exhausting, terrifying. Frankly, death is just too much.
Plus, when you have, as I do, the chance of being alive, non-disabled and healthy, it’s almost disrespectful to those who can’t move to get stuck dead on your mind’s floor.

Every time I cross a street. Even now, after 17 months of medication and a lot of CBT exercises to tackle OCD. I can see my legs getting smashed open by a car I wouldn’t have seen.

That’s not even my point here, though. That’s not where death sucks all my energy dry. Yes, OCD often is about intrusive thoughts. But I told you that for me, it’s very much about guilt too. So every time I’ve crossed a street, I haven’t rejoiced for still being alive, or for not having been run over by a car. No. I immediately needed to check that nothing had happened to others. I’m afraid I’d killed someone. Yes. I’m afraid I’d stopped on the road, without even noticing, and that a car went straight into a wall as it tried to avoid running me over. I’m afraid that I was so concerned by my own safety that I didn’t notice the explosion just next to me, a car exploding – yes – for using its brakes so hard as to not kill me. I’m afraid people have died, because otherwise, how could I be alive? In my mind, someone always has to die. There’s no happy ending, ever. It’s like a perpetual war, where you don’t even get to pick sides.

Every time I cross a street, someone has to die in my head. I’ve been to so many fictional funerals. I hate crossing the street. I wish the world was one big road, with no crossing, no pavement, no nothing.

It’s rather common with OCD, I believe. OCD sufferers are often scared of thresholds, doors, gates, borders, passages. Everything that means going from one state/place to another. It may be hard to walk out of a room, to enter a building, to put one foot on a pavement’s crack or line, just like when you were a kid you tried to avoid the cracks when walking. This fear of thresholds is also noticeable in other phobias. Some feel confined, even in a street, outside. They can’t walk in a street if they can’t see its end. So they never walk in any boulevard, any avenue.

Now I feel a bit more resilient regarding this. It doesn’t cause as much distress as it used to. I still have the images mentioned above popping into my mind. But at least I’ve managed to find ways to reduce the checking rituals after them. Oh yes, because to make sure that nothing had happened to anyone, I needed to:
– Listen carefully to the sounds in the street in case an explosion occurs
– Check visually that nothing’s left on the road, that the cars have passed by, are gone now and won’t burn.
– Count to reassure myself, and to think about something else – where in fact it keeps me prisoner of these images, but nevermind.

You can live a normal life with OCD. We all have fears. Of course every time I cross a street, my legs get a bit weaker, as if they were expecting the big crash. Nonetheless, I’ve decided that space might be my enemy, but it won’t win. At the end of the day, I’ll be walking, even if it means stopping every two minutes to check something, when I really don’t feel good. But on a great day, I can walk to my job and only think about it three times (I need to cross six streets – that’s 50% of being okay, which I consider a very good score).

I hope that one day I’ll cross the street without hearing these cracks, without seeing me and others die.

Every time I cross the street, I realise that I’ve still got a long way to go. But hey, I’m no longer alone on that road. And you can no longer die once you’ve understood you’ll never really be alone.


Avoir des TOC ne veut pas dire avoir des hallucinations, mais un imaginaire très visuel malgré tout

Avertissement sur le contenu: le texte qui suit décrit des pensées intrusives représentant la mort.

Chaque fois que je traverse une rue, je visualise, au ralenti et malgré tous mes efforts, une voiture me rentrer en plein dans les jambes, mes os me déchirer la peau. J’entends les sons de mon corps qui se fracture en de multiples endroits, mon torse dégringolant sur des cuisses démolies. J’entends le crépitement de mes côtes qui s’écartent, je ne vole pas dans les airs pour m’écrouler quelques mètres plus loin, je retombe juste là devant sans grâce, désarticulée, sur le sol d’une rue sale.


Ceci dit je m’imagine rarement du sang.


Je suis désolée si ces images vous perturbent. C’est exactement ce que je ressens chaque fois que ça s’invite dans ma tête, chaque fois, ou presque à chaque fois, que je traverse une rue. Il n’y a pas de réel avertissement. A part dans le fait que la mort est omniprésente dans mes pensées depuis des années. J’ai placé le mot « mort » avant ce texte aussi, comme pour vous prévenir, mais bon, en quoi est-ce ça rendrait ce qui suit ce titre moins perturbant ? Je suis désolée, c’est juste ce que je ressens.

La mort est déjà assez choquante en tant que concept.
Mais quand elle devient une succession de pensées intrusives, la mort est épuisante, elle est terrifiante. Franchement, elle est juste horriblement lourde.
En plus, quand on a comme moi la chance d’être en vie, non handicapée et en bonne santé, c’est presque un manque de respect vis-à-vis de ceux qui ne peuvent pas bouger que de rester inerte couchée sur le sol, même si ça n’est qu’en imagination.


Chaque fois que je traverse une rue. Même maintenant, après 17 mois de médicaments et un paquet d’exercices pour diminuer mes TOC. Je vois mes jambes se faire écraser par une bagnole que je n’aurais pas vue.

Mais voyez-vous, ce n’est même pas là que je veux en venir. Ce n’est pas ça qui fait que la mort me pompe toute mon énergie. Oui, les TOC concernent souvent des pensées intrusives. Mais je vous l’ai dit: pour moi, tout ça est très lié à la culpabilité aussi. Alors à chaque fois que j’ai traversé une rue, je ne me suis pas réjouie d’être encore vivante, ou de ne pas m’être fait passer dessus par une voiture. Non. J’ai immédiatement eu besoin de vérifier que rien n’était arrivé aux autres. J’ai eu peur d’avoir tué quelqu’un. Oui. J’ai eu peur de m’être arrêtée sur la route sans m’en être rendu compte, et qu’une voiture ait foncé droit dans le mur en voulant m’éviter. J’ai eu peur d’avoir été si absorbée par ma propre sécurité que je n’ai pas même remarqué une explosion à côté de moi, une voiture qui aurait explosé, oui oui, pour avoir utilisé trop fort ses freins, pour ne pas me tuer. J’ai peur que des gens soient morts, car autrement, comment pourrais-je moi être vivante ? Dans mon esprit, quelqu’un doit toujours mourir. Il n’y a jamais de happy end. Jamais. C’est une guerre perpétuelle, de celles dont on ne choisit pas son camp.

Chaque fois que je traverse une rue, quelqu’un meurt dans ma tête. Je me suis rendue à tant de funérailles imaginaires. Je déteste traverser la rue. Je voudrais que le monde entier ne soit qu’une seule grande route, avec aucun croisement, aucun trottoir, rien de tout ça.

Ce n’est pas rare concernant les TOC, je crois. Les gens qui souffrent de TOC ont souvent peur des seuils, des portes, des portails, des frontières, des passages. Tout ce qui signifie passer d’un état/d’un lieu à un autre. Ça peut être difficile alors de sortir d’une pièce, d’entrer dans un bâtiment, de mettre un pied sur une craquelure ou une ligne du trottoir, tout comme quand on est enfant on les évite quand on marche. Cette peur des seuils se retrouve aussi dans d’autres phobies. Certains se sentent à l’étroit, même dehors dans la rue. Ils ne peuvent pas s’engager dans une rue s’ils n’en voient pas la fin. Alors ils ne s’engagent jamais sur aucun boulevard, aucune avenue.

Maintenant, je crois avoir plus de recul face à ça. Ça ne me perturbe plus autant qu’avant. Les images que j’ai mentionnées plus haut me reviennent toujours en tête. Mais au moins je suis parvenue à réduire les rituels de vérification que je faisais après avoir traversé. Oui, parce que pour être bien sûre que rien ne soit arrivé à personne, j’avais besoin de :
– Prêter attention à tous les bruits de la rue, en cas d’explosion
– Vérifier visuellement que rien ne soit resté sur la route, que les voitures soient bien passées, qu’elles soient parties maintenant et qu’elles ne brûlent pas.
– Compter pour me rassurer, et pour penser à autre chose – alors qu’en fait ça me gardait prisonnière de ces images, mais bon, bref.


On peut vivre une vie normale avec des TOC. On a tous des peurs et des angoisses. Bien sûr, quand je traverse une rue, je sens mes jambes devenir légèrement plus faibles, comme si elles s’attendaient à la collision. Néanmoins, j’ai décidé que si l’espace était mon ennemi, ce n’est pas lui qui gagnerait. Au bout du compte, je marcherai quand même, même si ça signifie m’arrêter toutes les deux minutes pour vérifier un truc, quand je ne me sens vraiment pas bien. Mais les bons jours, je peux aller au travail et penser à tout ça seulement trois fois sur le chemin (je dois en tout traverser six passages piétons. C’est 50% de « okay ça va », ce que je considère comme étant un très bon score).

J’espère qu’un jour je traverserai les rues en n’entendant plus ces bruits de craquements, en ne me voyant plus mourir, en ne voyant plus mourir les autres.


Chaque fois que je traverse une rue, je me rends compte qu’il me reste encore du chemin à faire. Mais je ne suis plus seule sur ce chemin-là. Et on ne peut plus vraiment mourir quand on a compris qu’on ne serait jamais vraiment seul-e.

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2 thoughts on “OCD Doesn’t Mean Hallucination , Yet It Is Quite Visual

  1. It sounds like you have additional mental issues as well as OCD like PTSD.
    I have not read through your entire blog…maybe you have mentioned it.
    But some of your symptoms sound like PTSD from ongoing trauma or C-PTSD from childhood mental or emotional abuse.
    Maybe you can check into it.
    I hope you are able to find healing and peace.
    Blessings,
    Annie

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    • Thank you so much for your comment, Annie. I’ve never mentioned this anywhere on my blog, because I have, I think, a very difficult relationship to trauma… Which in my case is maybe more like bad memories. I fear that mentioning them would re-open wounds in people I truly love and respect, and I really don’t want to cause anyone any harm. I’d also question myself a lot because I know that many people have experienced such terrible situations… I fear that talking about the impact of bad memories in my case would mean I don’t understand that there are so many other people dealing with much more terrible situations and traumatic past… However, thank you for mentioning this, because I really think it’s a crucial issue in mental health in general, and people diagnosed with PTSD – which is not my personal situation – should feel supported and understood. Take care, and thank you for wishing me healing and peace, which are definitely among the most beautiful words in the world. Take care.

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