A Believer not Believing in Death – nor in the After-Death. I’ve Lost Religion’s Directions for Use.

french flag pastel

Hey Dad! Okay for the ceremonies and all, since that’s the way we do it, but there’s a problem here. I don’t believe in death. Really, I don’t. I believe none of it. Death doesn’t exist.

Wait. It’s not that I’m currently playing the conspiracy tune, Elvis- or Mickael-Jackson-style. I’m not saying you’re still out there, dressed anonymously or something like that. It’s not denial either, I assure you, I understood everything. I don’t need it re-explained. It was tough enough the first time.

Wait, still. I’m not saying either that I don’t believe in death because I believe in life after death or something like that. No. I don’t.

It’s just that death, death like: ‘look! that was the end’, my mind just doesn’ take it. I don’t know if it’s the same for others, but to me being dead means nothing, apart from: ‘I don’t know how to say it so I’ll talk about a concept, death, so that you stop asking questions’. The other day someone told me: I understand what you’re saying there, I don’t really believe in death either; so I thought to myself maybe we’re more than a couple people thinking like that.

Not believing in death isn’t a recent feature for me, don’t think it’s because I’ve taken too much Prozac as of lately. I’ve always had a problem with that. It’s not some sort of very well-timed self-protection trick because I miss you too much. I was about five, in my bed, sobbing and whining. I ended up going to the living room to ask Mom: ‘Mom, what does it feel like when we’re dead?’ I wasn’t sobbing because of death, no, I was sobbing because I couldn’t imagine it. She asked: ‘why are you asking such a thing?’ I said it was because I’d been trying to imagine not breathing not moving not thinking and it didn’t work. I just couldn’t picture it. You see, Dad, it’s not against you, it’s not that I’m disrespectful, even Mom couldn’t answer me. She told me: ‘I don’t know. Come and stay here, if you like’.

You know it’s a bit like you, you’ve always said: ‘I only believe what I see’. It’s the same thing. My brain, as far as I can remember it anyway, has only ever experienced living, it has only seen an existing process. Not to exist, my brain has no clue what it means. I try and try again, but there’s only life in there. Sure I’ve seen motionless bodies – the world almost entirely consists of them. There’s a difference however between bodies, corpses even, and non-living. The difference is my mind saying: yes, but death doesn’t exist.

The problem, Dad, is that I can carry on writing texts about how we accept – or don’t accept at all indeed – someone’s death. The truth is, I don’t think I’m massively legitimate here. It’s not really honest, because: death? I’ve no clue about it. I don’t even believe in it. It’s just a never-ending absence.

I don’t stare at my phone every night hoping you’d call. Don’t worry Dad, I’ve understood them all: the doctors’ words, the speech in the church. Nonetheless, every night, there’s this waiting process – itself aware of its uselessness – of you not calling. I’m not waiting for you to call. Yet each day must demonstrate that you will no longer call.


Dad, it’s not even that I’m then disappointed. To be disappointed, one has to believe in something first. I don’t believe in death, nor do I believe in resurrection.
Yet I’m a catholic. Well I think I am. So I’m wondering why is religion for in such cases. I don’t believe that you’ll come back, but I don’t believe either that you’ve left your body and the entire universe. I just know that I’ll never see you again, just as if you’d gone very very far, without providing an address, and that we’d forever be unable to find you now.

Yes, Dad, I know I’m talking to you here. I’m aware of that, don’t worry. You see I don’t believe in death, nor in the after-death, but I do believe in words.


Une croyante qui ne croit ni en la mort, ni en l’après non plus : la religion, j’ai perdu la notice.

Dis, papa. Les cérémonies, d’accord, puisque c’est comme ça qu’on fait, mais y a quand même un léger problème. Moi la mort j’y crois pas. Non mais vraiment. J’y crois que dalle à la mort, rien, zéro. La mort ça n’existe pas.

Attends. C’est pas que je nous fais un remix des complots style Elvis ou Mickael Jackson, non, je ne dis pas que tu es encore là, déguisé ou je ne sais quoi. C’est pas du déni, non, j’ai bien compris, j’ai pas besoin qu’on me réexplique, ça a fait assez mal la première fois merci.

Attends encore. C’est pas non plus que je dis la mort j’y crois pas car je crois à la vie après la mort ou un délire comme ça, non. Je n’y crois pas non plus.

C’est juste que la mort tout court, la mort-regarde-c’est-fini, mon esprit accroche pas. Je ne sais pas si dans la tête des autres c’est pareil mais pour moi, ça ne veut rien dire mourir, à part : « je sais pas te l’expliquer alors je vais te dire ça, utiliser un concept qui s’appelle la mort, histoire que tu arrêtes de poser des questions ». L’autre jour on m’a dit je comprends, moi non plus la mort j’y crois pas trop, alors je me suis dit on est peut-être plus que deux-trois à le penser.

Ne pas croire à la mort ce n’est pas un truc récent pour moi, va pas croire que c’est mon trop plein de Prozac, j’ai toujours eu un souci avec ça. Ça n’est pas un moyen de défense qui arrive à point nommé parce que tu me manques trop. J’avais cinq ans, plus ou moins, et je chialais dans mon lit. J’avais fini par aller dans le salon demander à maman : « maman, ça fait quoi quand on est mort ? » Je ne pleurais pas de la mort, non, je pleurais de pas arriver à me l’imaginer. Elle m’a dit « pourquoi tu poses des questions comme ça ? » Je lui ai répondu parce que j’essaie de m’imaginer plus respirer plus bouger plus penser et ça ne marche pas, dans ma tête je ne le vois pas. Tu vois papa, ça n’est pas contre toi, ça n’est pas que je ne respecte pas, mais même maman elle n’avait pas su me dire. Elle m’avait dit « je sais pas. Viens, reste là, si tu veux ».

Tu sais c’est un peu comme toi, tu disais tout le temps « je ne crois que ce que je vois ». Ben tu vois c’est pareil. Moi mon cerveau, de ce que je me souvienne, il n’a vécu que la vie, il n’a vu que d’exister, pas exister il ne sait pas ce que c’est. J’ai beau faire des efforts, il y a que de la vie là-dedans. Bien sûr j’ai vu des corps qui ne bougeaient pas, sans rire, le monde n’est plein que de ça presque, mais il y a une différence entre des corps qui ne bougent plus et pas de vie – il y a mon esprit qui dit : oui, mais la mort, ça n’existe pas.

Papa, le problème c’est que je veux bien écrire des textes sur comment on accepte la perte de quelqu’un, ou même à quel point on ne l’accepte pas, mais en vrai, papa, je suis sûrement pas bien placée pour le faire. Ce n’est pas honnête, parce que la mort moi j’en sais rien. C’est juste une absence qui ne s’arrête pas.

Ça n’est pas que je regarde mon téléphone tous les soirs en espérant que tu m’appelles. Non papa, les mots des médecins, j’ai bien compris, les mots à l’église pareil. Mais c’est que tous les soirs, il y a comme cette attente, qui se sait inutile, du fait que justement tu ne téléphoneras pas. Je n’attends pas que tu appelles, mais c’est comme si chaque jour devait me prouver que tu n’appelleras plus.

Papa, ça n’est même pas une attente déçue. Parce que pour se sentir déçu il faut croire à quelque chose, et si je ne crois pas à la mort, je crois pas non plus à la résurrection.
Pourtant je suis catholique, enfin je crois. Du coup je me demande bien à quoi sert la religion dans ces cas-là. Je crois pas que tu reviendras, mais je ne crois pas non plus que t’es parti de tout l’univers en entier. C’est juste comme si on m’avait dit que je ne te reverrai plus jamais, comme si tu étais parti loin très loin sans laisser d’adresse, et qu’on ne puisse jamais te retrouver.

Oui papa, je sais que je m’adresse à toi, là, oui je remarque, t’inquiète pas. Mais tu vois si la mort j’y crois pas, ni à la vie après la mort non plus, les mots par contre j’y crois fort.

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