Can’t say ‘I love you’? Say: ‘do you feel loved?’ instead

french flag pastel

I’ve said ‘I love you’ a lot to my dad throughout my life, and he’s always told me he loved me too. Still, when he passed away one month ago, I couldn’t stop that question from tormenting me: ‘did he know how much he was loved? And how much I loved and admired him?’ I just couldn’t stand the fact that maybe, somehow, he didn’t know.

Luckily, though, I’ve asked him that question before – it doesn’t solve everything, but it helps a lot with obsessions… Especially those you can no longer talk about.

I’ve been an inquisitive daughter. I would ask my dad (and I still ask my mom) many questions I probably shouldn’t have asked. I’d probably be our dear old Freud’s favourite case study.

I didn’t want to trigger anything for my dad, but I asked him: what was your biggest fear as a child? What is it now? Are you afraid of death? Of love? Of not loving someone? I also asked such things as: What book encouraged you to read your whole life? (Stevenson’s Treasure Island…) What kind of teenager were you? When did you and mom kiss for the first time? Were you scared? When did you first realise you loved her? Why don’t you like the colour black? Have you ever wondered who and where you’d be if you were richer, if you’d been born in Canada, if you had three legs?

I’m sorry. I apologise to my partner, friends and family. I know I ask too many questions. It’s okay to tell me to shut up.

It’s just that I’ve had that certitude for a long time: you can’t really tell whether or not you’re happy. For some, the question is just overwhelming. ‘What do you mean am I happy? You mean in general, or today? After or before my workday?’ But if you ask many smaller, more-focused questions, even if they sometimes sound cheesy or stupid, it’s easier to draw an overall map of your life, to find out who you are, and who you wish you’d be.

Also, I know that you can be unhappy, but still, thankfully, be loved. And I believe that in many cases – not all of them, sadly – that’s what saves you. For instance: am I happy right now? I don’t know if I can’t honestly call it that. I’ve just lost my dad. I loved my dad dearly. I miss him every day, every hour. I’m extremely sad. But one thing is true: I feel loved. That’s the most empowering feeling of all. I’m not saying that to brag, I have self-esteem issues and I’m not saying people would be willing to die for me and so on… I no longer romanticise pain for love, anyway. It’s just that I see in their smiles, in their eyes, in their amazing support, that some people care for me. They don’t need to be many, who cares about number? It’s love, which can’t be quantified anyway. This is a tribute too: because sometimes we don’t take the time to thank those who make us feel loved. Thank you.



I’ve asked my dad so many questions that helped me understand, throughout the years, that he knew how much we loved him. Because we didn’t only talk about happy memories.
I’ve asked him when he ever doubted it. My dad had the courage to answer, and it helped me grow, and be a better person. Because you can’t let someone you love doubt that you love them. Whatever the way you express it. You have to adapt. Mistakes are part of life, but to do the same ones over and over again is to sabotage one’s relationships.

I realised I wanted to shift the focus, by asking a question rather than making a statement: yes, I love him. But I hurt him too. So: did he feel loved, even at those times? It doesn’t matter what I think. What matters is the way he experienced it. And there’s some great news in this area: whatever the doubt, you can choose never to let it win again.

So okay, ‘do you feel loved?’ is a lot less grandiose that the somewhat narcissistic ‘I love you’ declaration, when the only one you’re listening to can sometimes be yourself, really…

You can love someone very much, but not love them the way they hope and wish to be loved. It’s okay, there’s no obligation for feelings, that wouldn’t mean anything. But facing this reality helps us all. It helps you leave unsatisfactory relationships, and build the ones you want. It will help you a great deal, too, when you’ll lose someone forever.

Bottom line is: you don’t have to say ‘I love you’ if you can’t. It shouldn’t be a torture. If it is, maybe you can go a different way… However, since you’ll love anyway (I truly and most sincerely hope so – again I don’t care about how many and who and what relationships), why not find an alternative? Why not ask: ‘do you feel loved’, instead? There’s no certitude, no huge statement. Just make sure you’re ready for the answer, and don’t take it personally if the answer is: ‘not really’… Try, honestly, to find out why. Also, if that’s the ‘love’ bit which you can’t even say, replace with: ‘do you feel supported? Helped? Listened to?’, etc.

Oh and don’t forget an equally important thing: ask yourself that very same question. And see what can be changed.


Vous ne pouvez pas dire « je t’aime? » Essayez : « est-ce que tu te sens aimé(e) ?»

J’ai beaucoup dit « je t’aime » à mon père au cours de ma vie, et il m’a toujours dit qu’il m’aimait aussi. Et pourtant, quand il est décédé il y a un mois, je n’arrivais pas à repousser cette question qui ne cessait de me tourmenter : « est-ce qu’il savait à quel point il était aimé ? A quel point je l’aimais et je l’admirais ? » Je n’arrivais pas à supporter l’idée que peut-être, il y ait une chance pour qu’il ne sache pas.

Heureusement, cependant, je lui avais posé la question avant – ça ne résout pas tout, mais ça aide beaucoup concernant les obsessions… Surtout celles dont on ne peut plus discuter.

J’ai été une fille intrusive. J’ai posé à mon père (et je pose encore à ma mère) des questions que je devrais probablement ne pas poser. Je serais sûrement le cas d’étude préféré de notre bon vieux Freud.

Ce n’est pas que je voulais susciter de l’angoisse chez mon père, mais je lui ai demandé : quelle était ta plus grande peur quand tu étais enfant ? Et maintenant, c’est quoi ta plus grande peur ? Tu as peur de la mort ? De l’amour? De ne pas aimer quelqu’un? J’ai aussi posé des questions du genre: quel livre t’a encouragé à lire toute ta vie ? (L’Ile au trésor, de Stevenson…) Quel genre d’ado tu étais ? Quand est-ce que toi et maman vous vous êtes embrassés pour la première fois ? Est-ce que t’avais peur ? Quand est-ce que tu as pris conscience pour la première fois que tu l’aimais ? Pourquoi tu n’aimes pas la couleur noire? Est-ce que tu t’es déjà demandé qui et où tu serais si tu étais plus riche ? Si tu étais né au Canada ? Si tu avais trois jambes ?

Je suis désolée. Je m’excuse auprès de mon partenaire, de mes amis et de ma famille. Je sais que je pose trop de questions. Vous pouvez tout-à-fait me dire de la fermer.

C’est juste que j’ai cette certitude depuis longtemps : on ne peut pas vraiment dire si oui ou non on est heureux. Pour certains, la question est même tout simplement écrasante. « Qu’est-ce que tu veux dire, est-ce que je suis heureux ? Tu veux dire en général, ou aujourd’hui ? Après ou avant ma journée de boulot ? » Mais si on pose beaucoup de petites questions, plus précises, même si elles paraissent neuneus ou stupides, alors il devient plus facile de faire comme une carte d’ensemble de ta vie, de savoir qui tu es, et qui tu voudrais être.

De plus, je sais qu’on peut ne pas être heureux, et pourtant, heureusement, être aimé. Je crois même que dans de nombreux cas (pas tous, malheureusement), c’est ce qui nous sauve. Par exemple : est-ce que je suis heureuse là tout de suite ? Je ne pense pas que je puisse honnêtement le définir ainsi. Je viens juste de perdre mon père. J’aimais tellement mon père. Il me manque chaque jour, chaque heure. Je suis extrêmement triste. Mais une chose est sûre: je me sens aimée. C’est le sentiment qui nous donne le plus de force au monde. Je ne dis pas ça pour me la jouer, j’ai des problèmes d’estime de moi et de toute façon je ne dis pas que les gens seraient prêts à mourir pour moi et tout ça… Je ne trouve de toute façon plus de beauté tragique à la souffrance causée par l’amour, mais bref. C’est juste que je vois dans leurs sourires, dans leurs yeux, dans leur incroyable soutien, que certains me tiennent en amitié. Ils n’ont pas besoin d’être nombreux, on se fout du nombre ! C’est de l’amour, et l’amour ne peut de toute façon pas être quantifié. Ceci est un hommage, aussi : parce que parfois on ne prend pas le temps de remercier ceux qui nous font nous sentir aimé(e). Merci.

J’ai posé à mon père tellement de questions qui m’ont aidé à comprendre, au fil des ans, qu’il savait à quel point nous l’aimions. C’est que nous ne parlions pas seulement des bons souvenirs.
Je lui ai par exemple demandé quand il en avait déjà douté. Mon père avait le courage de répondre, et cela m’a aidé à grandir, à devenir une personne meilleure. Parce qu’on ne laisse pas quelqu’un qu’on aime douter du fait qu’on l’aime. Quelle que soit la façon dont on l’exprime. On doit s’adapter. Les erreurs font partie de la vie, mais refaire encore et toujours les mêmes, ça revient juste à saboter ses relations.

J’ai réalisé que je voulais inverser la perspective, aussi, en posant une question plutôt qu’en formulant une déclaration : oui, je l’aime. Mais je lui ai aussi fait du mal. Alors : se sentait-il aimé, même dans ces moments-là? L’essentiel n’est pas ce que je pense, mais ce qu’il a ressenti. Et voilà de bonnes nouvelles en ce domaine : quel que soit le doute, on peut choisir de ne plus jamais le laisser gagner.


Alors soit. « Est-ce que tu te sens aimé(e) ? » ça n’a pas le même caractère grandiose que la déclaration quelque peu narcissique du « je t’aime », à travers laquelle celui qu’on écoute, ça peut parfois être simplement soi-même…

On peut aimer beaucoup quelqu’un, mais ne pas l’aimer de la manière dont ce quelqu’un espère ou souhaite être aimé. Ça n’est pas grave, il n’y a aucune obligation en matière de sentiments, cela ne voudrait rien dire. Mais regarder cette réalité en face nous aide tous. Ça nous aide à quitter des relations insatisfaisantes, et à construire celles que l’on souhaite. Ça nous aidera beaucoup, surtout, le jour où on perdra quelqu’un pour toujours.

Alors pour résumer: si on n’arrive pas à dire “je t’aime”, nul besoin de se forcer. Ça ne devrait pas être une torture. Si c’en est une, il faudra peut-être envisager d’autres voies… Car puisqu’on aimera de toute façon (en tout cas je l’espère sincèrement – je le répète, quels que soient le nombre et le genre de relations qu’on vit), pourquoi ne pas trouver une alternative ? Pourquoi ne pas demander : « est-ce que tu te sens aimé(e) ? » à la place ? Il n’y a pas de certitude dans cette phrase, seulement une question. Soyez simplement prêts, néanmoins, à entendre la réponse, et ne le prenez pas personnellement si la réponse est : « pas vraiment… ». Essayez, sincèrement, de comprendre pourquoi. Et si c’est le verbe « aimer », même décliné, que vous ne pouvez pas dire, remplacez-le par : « est-ce que tu sens soutenu(e) ? aidé(e) ? écouté(e) ? », etc.

Oh et puis n’oubliez pas une chose tout aussi importante ; cette question, posez-vous-la aussi à vous-mêmes. Et voyez ce qui peut être changé.

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