Sentenced to Live

french flag pastel

Six months before my dad passed away, I wrote a post called A Story. It was my very first post on this blog. In it, I explained that I once asked my dad: ‘dad, what would you do if you were told today that you only had 6 months left to live’?

Six months after this post, my dad passed away.

And I have OCD. You know that by now. One of the many aspects of my OCD is that I believe in magical thinking, and I do believe, in spite of myself, in the power of numbers. I believe that I can create reality with my words and thoughts, with the maths going on in my head. So it’s been tough to fight the idea that I actually contributed to my dad’s passing away by writing that text. Like if I had given him a death sentence.

Especially when you know the full story. Cause you see, that was intended to be more of a sentence to live, for him, for me and for anyone reading.

In September, when I posted this, as the first post on my blog, it was indeed to give people hope. To make them love the life they have. To explain a little bit who I was, too. And to publicly thank my dad, who helped me get through depression and terrifying anxiety with incredible patience and understanding. I was about to get back to work again for the first time in a year. I was terrified but full of hope.

I still am. Despite what happened. Terrified and full of hope.

Because magical thinking is also what we decide to make of it.

I’ve decided to look at it another way. Six months before my dad’s death, writing this post allowed us to have once again one of those deep conversations he and I used to have. On what it means to live, and what it is to love. I told him again how much I admired him for everything he was, for everything he’d taught me. Not just what I liked. Not just the nice bits. Everything.

I’d never have posted that post without my dad’s consent. So I asked him several times: sure you don’t mind? Then, when I received beautiful messages about my dad’s great philosophy in life, I told him. He was humbled, and couldn’t really believe strangers would think he had anything to offer them. But I’m sure it did give people hope and strength.


My dad smiled. He said: “well, that’s good, then. I don’t like people telling all about their lives on the internet, but if it can help someone, okay then, I see why some people do it.”

When I asked him if he wanted to proofread the very last draft, in case he wanted to make any change, to remove anything, to edit any little thing, he just said: “I need to see nothing at all. I trust you. I always have, and always will. Don’t worry, you don’t have to ask me again, and that applies to anything you want to post regarding me.” Dad, that’s the sort of human being you were: so incredibly caring that you tried to protect me from guilt and doubt well after your death.



Today’s your birthday and I miss you. I miss our discussions. I miss our silences when you were drinking coffee after your afternoon nap. And that’s so selfish, but I miss you trusting me.


My entire life is about watching dates and counting. I don’t care what the official papers say, today you’re one year older, daddy, and I’m one year happier to have had the immense privilege of knowing you.

Happy birthday dad, from all of us.


Condamnation à vivre

Six mois avant que mon père ne décède, j’avais écrit un billet intitulé : A Story (Une histoire). C’était mon tout premier billet sur ce blog. Billet dans lequel j’expliquais que j’avais un jour demandé à mon père : « papa, qu’est-ce que tu ferais si on te disait aujourd’hui qu’il ne te restait plus que six mois à vivre ? »

Six mois plus tard, mon père s’est éteint.

Et j’ai des TOC. Vous le savez, maintenant. Un des nombreux aspects de ces TOC, c’est que je crois en une forme de pensée magique, je crois malgré moi au pouvoir des nombres. Je crois qu’il m’est possible de créer une réalité avec mes mots, mes pensées, les opérations mathématiques qui m’envahissent l’esprit. Alors ça n’a pas été évident de lutter contre l’idée que j’aurais en fait contribué à la mort de mon père en écrivant ces mots-là. Comme si je l’avais condamné à mort.

Surtout quand on connaît l’histoire en entier. Parce que voyez-vous, ce billet, il se destinait plutôt à être une condamnation à vivre, pour lui, pour moi et pour quiconque le lirait.

Quand j’ai publié ce billet en septembre, c’était pour donner espoir aux gens. Pour qu’ils aiment davantage la vie qu’ils avaient. Pour expliquer un tout petit peu qui j’étais, aussi. Et pour remercier publiquement mon père, qui m’a aidée à traverser ma dépression et des angoisses terrifiantes avec une patience et une compréhension incroyable. J’allais reprendre le travail, pour la première fois depuis un an. J’étais terrifiée mais pleine d’espoir.


Je le suis toujours. Malgré ce qui s’est passé. Terrifiée et pleine d’espoir.

Parce que la pensée magique est aussi ce qu’on en fait.

J’ai décidé de voir les choses différemment. Six mois avant la mort de mon père, écrire ce billet nous a permis encore une fois d’avoir l’une de ces conversations que nous avions si souvent. Des conversations qui parlent de ce que c’est de vivre, de ce que ça veut dire aimer. Je lui ai dit encore une fois que je l’admirais pour tout ce qu’il était, pour tout ce qu’il m’avait appris. Pas simplement ce que j’aimais moi. Pas simplement les morceaux faciles au milieu. Tout.

Je n’aurais jamais publié ce billet sans le consentement de mon père. Je lui ai donc demandé à plusieurs reprises : tu es sûr que ça ne te gêne pas ? Ensuite, quand j’ai reçu de très beaux messages concernant mon père, et sa formidable philosophie de vie, je le lui ai dit. Humble, il était très touché, et ne parvenait pas à croire que des étrangers puissent penser qu’il avait quoi que ce soit à leur offrir.

Il souriait. Il a dit: « ben c’est bien, alors. J’aime pas trop que les gens racontent leur vie sur internet, mais si ça peut aider quelqu’un, alors d’accord, je comprends pourquoi certains le font. »

Quand je lui ai demandé s’il voulait relire la dernière version avant publication, au cas où il y ait quoi que ce soit qu’il veuille changer ou modifier, il a simplement répondu : « je n’ai rien besoin de voir du tout. J’ai confiance en toi. J’ai toujours eu confiance, j’aurai toujours confiance. Ne t’inquiète pas, tu n’as pas à me demander encore à l’avenir, quel que soit ce que tu veux publier qui me concerne. » Papa, c’était ça, le genre d’humain que tu étais : quelqu’un pour qui les autres comptaient tellement que tu as tenté de me protéger des doutes et de la culpabilité au-delà de ta propre mort.

Aujourd’hui c’est ton anniversaire et tu me manques. Nos discussions me manquent. Nos silences me manquent, ceux de quand tu te levais boire ton café juste après ta sieste de l’après-midi. Et c’est puissamment égoïste, mais ça me manque, toi qui crois en moi.

Toute ma vie tourne autour de la surveillance des dates et des nombres. Je me fous de ce que disent les papiers officiels : aujourd’hui tu es plus vieux d’un an, papa, et moi, ça fait un an supplémentaire que j’ai l’immense privilège de t’avoir connu.

Joyeux anniversaire papa, de notre part à tous.

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