Clichés of a Celebration Day

french flag pastel

It’s Easter. I’m still awaiting resurrection.

A year ago, it was my dad’s last day of life. It was our last day together, also, because we were sort of lucky.

I thought this weird feeling of not believing in his departure would fade away with time.

But now I use metaphors I abhorred, I still abhor. His departure. Fuck off, I say to myself, did you see any luggage? Nonetheless, this idea: clichés, in their laminated forms, surely help us to make the language of death more harmless.

Departure, death, ciao : I still feel the same. With the same intensity. The same painful surprise, every morning, after a few seconds when I still think all’s fine, he’s at home, I’ll call him later. That awareness which always comes too late, after having almost forgotten: well, no, not really… no…

Too tired over crying, after some time we’d rather not to.

Sadness, however? Sadness is the same. No doubt about that.

It doesn’t mean I’m not living. On the contrary, I take everything in with determination, I breathe life untouched straight into my lungs. You only live once, the saying goes, and so do I. I go everywhere I can, reminded that life’s short. Better to do something awesome with it. Better to live – no kidding – while still alive.

But he’s missed, my dad, he’s missed by us all. Just like we missed him 365 days ago, and I’m sure it’ll hold just as true in 10 years’ time.

On my mobile the phone number under that name still: ‘Parents’ mobile’. Even though it slides my rib cage open every time it comes up on the screen, I can’t change it. Bad metaphors come back at those times, when I consider editing contact: kill him twice, blah blah blah.



It’s Easter, and perhaps resurrection does exist, but then it is our own.


Because my mum came over for a few days, and during the last hours of a too-soon-morning-turned yesterday, I felt yes I did the strength she sent me. I hope she left with the one I gave her. Her flight has landed, my parents, I told you already, always pass through the sky.


Clichés des jours de fête

C’est Pâques. Et la résurrection je l’attends encore.

Il y a un an, c’était le dernier jour de vie de mon père. C’était notre dernier jour ensemble, aussi, car dans le fond, on avait cette chance.

J’ai cru que ce sentiment bizarre de ne pas vraiment croire à son départ s’atténuerait avec le temps.


Et maintenant j’emploie parfois des métaphores que je détestais, que je déteste toujours. Son départ. Non mais ta gueule, je me dis, où est-ce que t’as vu des valises? Mais les clichés, dans leurs formules plastifiées, nous aident peut-être à rendre plus inoffensif le langage de la mort.

Départ, décès, ciao : je ressens toujours la même chose. Avec la même intensité. Le même étonnement douloureux, chaque matin, après ces quelques secondes où je crois encore que tout va bien, qu’il est vivant chez lui, que je l’appellerai plus tard. La prise de conscience qui vient toujours trop tard, après avoir eu le temps de quasi oublier : ah ben en fait, attends, … non…

On se fatigue de pleurer, on finit par ne plus.

Mais la tristesse? La tristesse, pas de doute. C’est la même.

Ça ne veut pas dire que je ne vis pas. Au contraire, déterminée je prends tout dans les poumons. Je profite comme on dit, ça m’a rappelé s’il le fallait encore que la vie passait vite. Autant en faire une expérience de dingue, autant – sans déconner – vivre de son vivant.

Mais il manque, mon père, il nous manque à tous, comme il y a 365 jours, et je parie que ce sera pareil dans dix ans.

Sur mon portable le numéro de téléphone encore sous ce nom : « Parents portable ». Et même si ça me fend la cage thoracique à chaque fois que ça s’affiche sur l’écran, je ne parviens pas à le changer. Des métaphores à la con reviennent à ces moments-là où j’envisage de modifier le contact : le tuer deux fois, bla bla bla.

C’est Pâques et la résurrection peut-être bien qu’elle existe, mais alors c’est la nôtre.

Parce que ma mère est venue quelques jours, et que lors des dernières heures d’un hier passé trop vite, j’ai bien senti qu’elle m’envoyait de la force. J’espère qu’elle a emmené celle que je lui donnais. L’avion a bien atterri, mes parents je me tue à vous le dire ils passent toujours par le ciel.

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