Being Your Own Doctor: the NHS and Its Contradictions

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Everywhere I read and am told that I should be the one identifying patterns to protect my mental health. Helped by several therapists, I have now identified a few patterns. I know for a fact that when I become increasingly tired, even though I’m not doing anything exhausting, and that it feels impossible to catch up on my sleep, there’s a high risk I might become overwhelmed by a depressive episode, filled with many more compulsions.

The problem is this: they tell you to identify patterns, but when you do, doctors may actually not give a shit. I’m sorry for all those who do (and they exist, I know), but honestly, my recent medical appointments have been absolutely useless, to say the least.

A few weeks ago, I was getting rather worried: even walking from work had become too demanding, I would just sit and wait for the bus – which is very unlike me. So trying to be responsible, I made an appointment with the doctor. I explained the extreme tiredness, the waking up with nightmares every night, the exhaustion worsening in the mornings, the shaking, the putting-on weight, the not really caring about things any more … and I said that honestly, I was concerned. I don’t like to go to the doctor, like most of us. If I’m there, facing what I know is often a bit of: ‘nah, you’re fine, don’t worry, just go home and wait for it to go away’, it’s because I know there’s a risk of a severe episode. So they told me: we’re going to do a blood test. I said ‘yes please’, because I know they want to get that reassurance first. I was very upfront about being on an almost vegan diet for three years now – so we could straight away check for any deficiencies. The tested me for iron, vitamin B12, among other things.

Today I got the results. And they’re all good. And the doctor couldn’t understand that I wasn’t jumping through the roof with excitement, apparently.
– So yeah, all good! That’s great!
– Okay… But… You see, I’m still concerned about… depressive mood… and my OCD seems to be worsening a lot when I feel that exhausted, I have to concentrate so much more.
– Nah, you’re still on Fluoxetine, aren’t you?
– Yes, the highest dose, yes.
– That’s okay then.
– ???
– That means your tiredness isn’t medical.
– ???
– There isn’t something medically wrong with you, you see: blood tests are fine and you’re on medication.
– Okay… now… I’m really sorry but you see… I’ve been asked to keep an eye on patterns like this one and I’m very anxious at the minute…
– Well you just need to rest then.
– But… That’s my problem, like I said… I sleep 12 hours straight sometimes, these days, and I don’t feel rested… And I feel really guilty for it.
– No really, that’s okay. That’s great news! Your blood results are all good. Don’t worry.
– Err… okay then.
– Okay bye bye, then!
– … bye… I… I guess?


Just to be clear: I’m not putting this up to call for help. I’m okay, honestly. But I would like other people living with mental illness to know that they’re not alone in being dismissed, even with a history of serious breakdowns. We struggle just to get heard. As long as we’re still functioning (in a very socio-economic way, that is, as it’s all that seems to matter – work and be a social animal), then we’re not a health concern to the NHS. The problem is that we put all our energy, all we have left, into functioning so that nobody notices.

I just wish that instead of running hypocritical campaigns about wellbeing and mindfulness, when you actually went to a doctor, and said, with shame all over your face and your eyes down on your shoes: ‘I know I may seem fine as in… bodily… but… I’m… I’m struggling… I can feel it…’ they wouldn’t just ignore you.

I would like to feel quite angry right now, but you know what? I feel too tired for that. So I’ll just leave it at that. Thank god the fight is worth it, because it’s quite draining. It is worth it, though. It is.


Être son propre docteur: la NHS et ses contradictions

Note: La NHS est l’équivalent au Royaume-Uni de la Sécurité Sociale française.


Partout, je lis et j’entends que je dois être celle qui identifie mes propres variations en termes de santé pour protéger mon équilibre psychique. Aidée de plusieurs thérapeutes, j’ai maintenant réussi à identifier certains schémas. Je sais par exemple que lorsque je suis de plus en plus fatiguée, même en ne faisant pourtant rien d’épuisant, et que je me sens de plus en plus incapable de rattraper mon sommeil, il y a un risque élevé que je me retrouve engloutie par un épisode dépressif, associé à un regain de compulsions.


Le problème, c’est qu’on nous dit d’identifier nos schémas, mais quand on le fait, les docteurs s’en battent parfois complètement le steak. Je suis désolée pour ceux qui en ont vraiment quelque chose à foutre (et bien sûr qu’ils existent) mais honnêtement, mes derniers rendez-vous médicaux ont été complètement inutiles, c’est le moins qu’on puisse dire.

Il y a quelques semaines, je m’inquiétais : même rentrer du travail était devenu trop difficile, je m’asseyais et j’attendais le bus (ce qui ne me ressemble vraiment pas). Pour agir de façon responsable, j’ai pris rendez-vous chez le docteur. J’ai expliqué la fatigue extrême, les réveils en pleine nuit au milieu de cauchemars, l’épuisement pire le matin, les tremblements, la prise de poids, le fait que je commençais à me foutre un peu des choses, au fond… et j’ai admis qu’honnêtement, je m’inquiétais. Je n’aime pas aller chez le docteur, comme la plupart d’entre nous. Si je suis là, à faire face à ce que je sais être un récurrent potentiel de « naaaan, ça va, ne vous inquiétez pas, rentrez chez vous et attendez que ça passe », c’est que je pense qu’il a un réel risque d’épisode moins bien. Bref, le docteur a dit : on va faire une prise de sang. J’ai dit « oui, merci », parce que je sais qu’ils cherchent d’abord à rassurer de ce côté-là. J’ai donc dit d’emblée au médecin que ça faisait quasi trois ans que je mangeais végétalien, pour qu’on puisse vérifier sans tarder de potentielles carences. Il a opté entre autres pour des tests de fer et de vitamines B12.

Aujourd’hui, j’ai eu les résultats. Et ils sont tous bons. Et la doctoresse [en Angleterre on change très souvent de docteur, car on prend celui qui a de la place] ne comprenait pas que je ne crève pas le plafond de joie, apparemment.
– Voilà, c’est tout bon ! C’est génial !
– Oui… Mais… Vous voyez, je suis toujours inquiète par rapport à cette… humeur dépressive… et mes TOC ont l’air d’empirer beaucoup quand je me sens si fatiguée, je dois me concentrer tellement plus.
– Nan, vous prenez bien de la Fluoxétine, c’est ça ?
– Oui, la dose maximale.
– C’est bon alors.
– ???
– Ça veut dire que votre fatigue n’est pas médicale.
– ???
– D’un point de vue médical, il n’y a rien qui ne va pas chez vous, vous voyez : les résultats de la prise de sang sont bons et vous prenez des médicaments.
– Oui… mais… euh… je suis vraiment désolée… On m’a dit de bien faire attention aux schémas comme celui-là et je suis très anxieuse, actuellement…
– Il faut vous reposer.
– Mais… c’est ça mon problème, comme je vous disais… des fois je fais des nuits de 12 heures en ce moment et je ne me sens pas plus reposée… Et après je m’en veux beaucoup.
– Nan, ne vous inquiétez pas. C’est une très bonne nouvelle! Vos résultats sanguins sont bons.
– Euh… d’accord…
– Voilà, alors au revoir !
– Euh… au revoir.. .?


Pour être bien claire: je ne publie pas ce billet pour appeler à l’aide. Honnêtement, ça va. Mais je voulais que d’autres gens qui vivent avec des troubles psychologiques et/ou des angoisses sachent qu’ils ne sont pas les seuls à être ignorés, même en ayant un passif marqué de dépressions nerveuses. C’est encore difficile d’être écouté.e. Du moment qu’on fonctionne encore (dans un sens très socio-économique, puisqu’apparemment c’est le seul truc qui compte – travailler et être un animal social), alors nous ne sommes pas perçus comme à risque par la NHS. Le souci, c’est qu’on met justement toute notre énergie, toute celle qui nous reste, à fonctionner normalement pour que personne ne remarque rien.

J’aimerais qu’au lieu de faire des campagnes publiques hypocrites sur le bien-être et la mindfulness, quand on se rende chez un docteur, et qu’on dise, la gueule pleine de honte et le regard sur les chaussures : « Je sais que j’ai l’air d’aller bien… je veux dire… au niveau du corps… mais… je… je galère en ce moment… je… je le sens. », on ne nous renvoie pas ce dédain.


J’aimerais me sentir très en colère là tout de suite, mais vous savez quoi ? Suis trop crevée pour ça. Alors je m’arrête ici. Heureusement que le combat en vaut la chandelle, parce qu’il est éreintant. Mais bien sûr qu’il en vaut la chandelle. Aucun doute là-dessus.

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