Des ouvrages qui libèrent

Que cela soit pour se sentir moins seul(e), ou pour savoir comment aller mieux, les ouvrages littéraires et graphiques peuvent nous être d’une aide considérable… Voici donc une liste totalement subjective de livres, films, épisodes de série télé, où les problèmes de fragilité ou de troubles psychologiques sont abordés il me semble de manière courageuse, que je sois d’accord ou non avec le discours final produit. Cette page ne se veut surtout pas une liste d’ouvrages à consulter absolument. Comme partout ailleurs, on devrait oublier le « il faut absolument ». Ceci se veut simplement une aide ou un guide, si jamais vous en avez besoin. De ce que l’on classe comme grand public jusqu’au plus artistique, des ouvrages de développement personnel aux écrits poétiques.

Comme j’ai bien conscience que certains sujets peuvent être particulièrement difficiles à lire pour vous, et vous ramener à des souvenirs difficiles suivant votre personnalité et vos expériences, j’ai ajouté un avertissement de contenu à chaque fois. J’espère que ceci vous aidera à vous sentir plus en confiance concernant vos choix, en vous donnant un aperçu des thématiques abordées. Soyez toutefois conscient(e)s que je me frotte à toute sorte de genres : certains des ouvrages cités peuvent être très graphiques, visuellement agressifs, d’autres peuvent très vite faire monter les larmes, et ainsi de suite.


Voici donc, par ordre alphabétique de titres :

Aviator, film réalisé par Martin Scorsese
Genre: biopic. Récit de la vie du riche et célèbre Howard Hughes, atteint de Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC).


aviator

Pourquoi voir ce film?
– Parce que vous n’avez aucune idée de ce à quoi peuvent ressembler les TOC, et pourquoi ceux qui en souffrent disent qu’il est si difficile de vivre une vie normale.
– Parce que vous ne comprenez pas pourquoi ceux qui souffrent de TOC (vous y compris, peut-être) peuvent paraître si contradictoires. Par exemple, avoir peur de la contamination mais être incapable de prendre une douche. Ou être un vérifieur compulsif et pourtant oublier quelque chose d’absolument essentiel (puisque vous vous concentrez sur quelque chose d’autre).
– Parce que la représentation explicite de TOC n’est pas un phénomène commun dans les films de type Hollywoodiens.
– Parce qu’il nous aide à comprendre que l’on peut avoir l’air d’une personne qui réussit sans aucun problème apparent, tout en étant un angoissé compulsif sévère.
– Parce qu’il y a Leonardo DiCaprio, et que comme d’habitude il est génial.
– Parce que je ne recommande pas beaucoup de films de Scorsese, en particulier depuis que j’ai vu l’insupportable Loup de Wall Street (j’en fais encore des cauchemars…)

Avertissement de contenu :
Si vous souffrez vous-mêmes de TOC, en particulier en ce qui concerne les problèmes de contamination, regarder certaines scènes peut s’avérer relativement éprouvant. Si vous avez l’habitude de lire des témoignages de gens souffrant de TOC, vous n’avez pas à vous inquiéter, puisque vous savez déjà la plupart de ce qui sera représenté à l’écran. Dans tous les cas, toutefois, même si sur le coup l’image nous ramène à nos failles, il est toujours libérateur de s’autoriser à penser : je ne suis pas seul(e)… et je ne suis pas un(e) raté(e).


Bleus marine : Histoire d’une différence, récit, de Catherine Normier, Reflet 1999, republié chez Librio.
Genre : Témoignage


bleus marine

Catherine Normier raconte ici le difficile parcours qu’elle a dû parcourir avec sa fille, qu’on a diagnostiquée comme autiste. Elle raconte à quelles portes elles se heurtent, mais aussi ce qu’elles trouvent de force (et où elle la trouve) pour mener la meilleure vie possible.

Pourquoi lire ce livre ?
– Parce qu’il est important de comprendre davantage ce qu’est l’autisme, et d’y sensibiliser en particulier les enfants, pour éviter moqueries et stigmatisation dès le plus jeune âge. (bon, ça vaut clairement aussi pour les malheureusement nombreux adultes qui se foutent de la gueule des handicapés)
– Parce qu’un témoignage a souvent cette fragilité du vécu, qui émeut et permet de réfléchir à notre propre vision des choses à travers les yeux de quelqu’un d’autre. Ici, notamment, notre définition de l’enfance, de la normalité, et de l’éducation.
– Parce que l’autonomie est l’un des maîtres mots de notre société, et qu’ici une femme se bat pour que sa fille le soit le plus possible, autonome, justement. Qu’elle rend aussi hommage à ceux qui l’ont aidé sur cette voie.
– Parce que la relation mère-fille, ce serait bien de ne pas la confiner aux stéréotypes des magazines ou des films où on passe son temps à souligner la sempiternelle compétition entre générations de femmes…
– Parce que ce texte parle magnifiquement de la musique ; non pas comme une simple cure et un moyen d’apprentissage, non, mais parce que les enfants atteints de troubles psychologiques ont aussi droit au divertissement et au loisir gratuit, sans qu’on chercher toujours à leur apprendre quelque chose. Le plaisir, pour eux aussi.

Avertissement de contenu :
J’imagine que ce texte peut être dur à lire pour ceux qui ont dû faire face à de l’incompréhension ou de l’hostilité dans l’éducation d’enfant considérés “pas comme les autres”, comme on dit souvent. Je crois pourtant que si quelques pages sont très émouvantes, et peuvent rappeler certains souvenirs douloureux, quelqu’un qui tente d’améliorer la vie d’une personne autiste s’en sortira comme accompagnée.

Le Garçon qui n’arrêtait pas de se laver, de Judith Rapoport, traduction française aux éditions Odile Jacob, 1991-2001. Texte original en américain : 1989.
Genre : Travail de recherche d’une psychiatre sur les Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC)


le garcon qui n arretait pas de se laver

Ce livre, écrit par Judith Rapoport, qui a dirigé un service de pédopsychiatrie, permet une entrée privilégiée dans le domaine des TOC. Il se divise en quatre parties :
1. Les patients ont la parole : les parents
2. Les patients ont la parole : les enfants
3. Le point de vue d’un médecin
4. Limites (notamment : « obsessions et vie quotidienne »)

Pourquoi lire ce livre ?
– Car la dernière partie, un appendice, permet d’aider à établir un diagnostic. De quels TOC souffrez-vous ? obsessions agressives, sexuelles, somatique, de symétrie? etc. Déconstruit directement notre peur d’être seuls et uniques dans notre cas. Nos angoisses appartiennent à des catégories, et peuvent être identifiées et nommées.
– Car il fait sûrement partie des livres les plus complets et à lafois accessibles au grand public pour le lectorat francophone. Merci à la traductrice, Catherine Rouslin, qui a rendu cela possible. Les thèmes abordés comptent les rituels, la religion, les superstitions, les médicaments, la peur de soi-même…
– Parce qu’il ne se concentre pas que sur un seul point de vue. C’est cette multiplicité des perspectives qui donne en grande partie sa valeur au livre. On sent la volonté de ne pas rendre muets et passifs les patients et leur entourage.
– Parce que l’on peut se reconnaître dans certains témoignages, ou s’en distancer, et mieux comprendre ce qui se passe neurologiquement.
– Parce que du coup, cela peut nous convaincre d’oser en parler en vue, un jour, d’aller mieux.
– Parce qu’on recherche plus des possibilités et des échos que des certitudes.

Avertissement de contenu:
Encore une fois, cet avertissement est proportionnel à votre capacité et votre choix, ou non, de lire des témoignages de personnes souffrant de cette maladie. Les gens ayant peur de reproduire ce qu’ils lisent, un vrai problème pour ceux souffrant de TOC, peuvent demander conseil à quelqu’un, pour être aidés dans leur lecture.

King Kong théorie de Virginie Despentes, Grasset, 2006.
Genre : difficile de le définir… C’est un texte qui veut échapper à nos étiquettes bien conformistes. Mais bon, s’il fallait vraiment dire quelque chose… Peut-être un essai autobiographique et politique ?


king kong theorie

La féministe punk Virginie Despentes nous en dit davantage sur sa vie et sur la violence à laquelle elle a dû faire face en tant que femme. Elle explique aussi comment elle a choisi de s’en remettre, et en quoi le porno, le féminisme, la prostitution et l’art l’y ont aidée. Ce texte traite aussi de la censure, de l’auto-censure, du manque de confiance en soi et des stéréotypes de genre.

Pourquoi lire ce livre ?
– Parce que vous êtes une femme.
– Parce que vous êtes un homme.
– Parce que vous ne rentrez dans aucune des deux catégories citées ci-dessus, et que vous ne tenez pas particulièrement à y rentrer.
– Parce que c’est l’essai le plus puissant de tous les temps.
– Parce que c’est une femme géniale, impressionnante, que j’admirerai jusqu’à ma mort.
– Parce que vous désirez lire quelque chose de non-conventionnel concernant la violence sexuelle et ce que ça signifie, d’être tombée du mauvais côté du binarisme de genre.
– Parce que vous n’en pouvez plus du patriarcat et de tous ces trucs débiles et dangereux qu’il vous pousse à faire.
– Parce que vous êtes en colère contre la société et contre les gens qui vous font du mal, et qu’on vous a empêché d’exprimer votre colère pendant bien trop longtemps déjà, parce que, voyez-vous, ça n’est pas une façon de parler pour une femme, ou ça n’est pas poli.
– Parce que si un jour ça vous intéresse de savoir qui j’admire le plus, il vous faudra lire Virginie Despentes et Grisélidis Réal. Prenez garde. Vous êtes sur le point de rencontrer une force politique véritable, et elle n’est pas forcément facile à gérer. Ça va vous gifler la figure…
– Parce que vous détestez le sexisme autant que vous détestez le racisme, tout autant que vous détestez le capitalisme.

Avertissement de contenu:
Bon alors comment dire… Franchement, si vous préférez rester du côté sécurisant de la lecture, il est VIVEMENT déconseillé de lire King Kong théorie, ou d’ailleurs n’importe lequel des textes de Virginie Despentes… Cet essai contient des réflexions explicites et fondées sur des histoires vraies concernant le viol, la violence sexuelle, les problèmes d’équilibre psychologique, la domination et encore la violence, l’esclavage, la justice injuste et l’exploitation économique. Bref, des histoires de non-conformités aux normes en tous genres.
Cependant, si vous lisez ce livre, bien qu’il puisse vous apparaître au premier abord difficile, je vous jure que vous en sortirez avec le sentiment d’avoir gagné en puissance.


Laissez-moi juste vous citer quelques-unes des formidables phrases de King Kong théorie :

« J’écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m’excuse de rien, je ne viens pas me plaindre. Je n’échangerais ma place contre aucune autre, parce qu’être Virginie Despentes me semble être une affaire plus importante à mener que n’importe quelle autre affaire. » (p. 9)

“Je suis plutôt King Kong que Kate Moss, comme fille. Je suis ce genre de femme qu’on n’épouse pas, avec qui on ne fait pas d’enfant, je parle de ma place de femme toujours trop tout ce qu’elle est, trop agressive, trop bruyante, trop grosse, trop brutale, trop hirsute, toujours trop virile, me dit-on. Ce sont pourtant mes qualités viriles qui font de moi autre chose qu’un cas social parmi les autres. Tout ce que j’aime de ma vie, tout ce qui m’a sauvée, je le dois à ma virilité. » (p. 11)

« J’écris donc d’ici, de chez les invendues, les tordues, celles qui ont le crâne rasé, celles qui ne savent pas s’habiller, celles qui ont peur de puer, celles qui ont les chicots pourris, celles qui ne savent pas s’y prendre, celles à qui les hommes ne font pas de cadeau, celles qui baiseraient avec n’importe qui voulant bien d’elles, les grosses putes, les petites salopes, les femmes à chatte toujours sèche, celles qui ont des gros bides, celles qui voudraient être des hommes, celles qui se prennent pour des hommes, celles qui rêvent de faire hardeuses, celles qui n’en ont rien à foutre des mecs mais que leurs copines intéressent, celles qui ont un gros cul, celles qui ont les poils drus et bien noirs et qui ne vont pas se faire épiler, les femmes brutales, bruyantes, celles qui cassent tout sur leur passage, celles qui n’aiment pas les parfumeries, celles qui se mettent du rouge trop rouge, celles qui sont trop mal foutues pour pouvoir se saper comme des chaudasses mais qui en crèvent d’envie, celles qui veulent porter des fringues d’hommes et la barbe dans la rue, celles qui veulent tout montrer, celles qui sont pudiques par complexe, celles qui ne savent pas dire non, celles qu’on enferme pour les mater, celles qui font peur, celles qui font pitié, celles qui ne font pas envie, celles qui ont la peau flasque, des rides plein la face, celles qui rêvent de se faire lifter, liposucer, péter le nez pour le refaire mais qui n’ont pas l’argent pour le faire, celles qui ne ressemblent plus à rien, celles qui ne comptent que sur elles-mêmes pour se protéger, celles qui ne savent pas être rassurantes, celles qui s’en foutent de leurs enfants, celles qui aiment boire jusqu’à se vautrer par terre dans les bars, celles qui ne savent pas se tenir ; aussi bien et dans la foulée que pour les hommes qui n’ont pas envie d’être protecteurs, ceux qui voudraient l’être mais ne savent pas s’y prendre, ceux qui ne savent pas se battre, ceux qui chialent volontiers, ceux qui ne sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés, ni agressifs, ceux qui sont craintifs, timides, vulnérables, ceux qui préféreraient s’occuper de la maison plutôt que d’aller travailler, ceux qui sont délicats, chauves, trop pauvres pour plaire, ceux qui ont envie de se faire mettre, ceux qui ne veulent pas qu’on compte sur eux, ceux qui ont peur tout seuls le soir. » (pp. 12-13)

Petit traité de l’abandon: Pensées pour accueillir la vie telle qu’elle se propose, d’Alexandre Jollien, Points Seuil, 2012.
Genre : philosophie pour ceux qui pensent que la philosophie, ça ne sert que pour le bac et qu’on n’y pige rien.


petit traite de l abandon

Voici un très court livre, divisé en de nombreux chapitres, dont les titres nous aident à savoir directement de quoi il retourne. Quelques exemples : « L’amour inconditionnel », « La bienveillance », « Le dépouillement », « Le désir », « La gratuité », « La rencontre », …

Pourquoi lire ce livre ?
– Parce que la philo, ça va, mais à petites doses (114 pages, rompues en une vingtaine de chapitres très courts – 3 pages en moyenne).
– Parce que vous pensez que tous les philosophes sont des gens qui se prennent la tête avec une langue dont on ne comprend rien, et qu’ils ne prennent que des métaphores abstraites qui ne parlent pas au commun des mortels. Extrait : « Aujourd’hui, je me propose de tout lâcher, vraiment tout, comme dans les toilettes lorsqu’il faut tirer deux fois la chasse par moments. Il faut même lâcher le lâcher-prise. » (p. 15) Ou alors, cette phrase qui plairait beaucoup à ma maman qui en emploie une variante, sur l’inutilité de la comparaison et du “et si” : « Mais comme disait feu mon papa : “Si ma grand-mère en avait, ce serait mon grand-père.” » (p. 40)
– Parce que vous vous interrogez sur le bonheur, quand on n’a pas eu forcément tous les privilèges de départ. Jugez plutôt : « Je suis né avec une infirmité motrice cérébrale. Je le dis tout de suite, afin d’évacuer cette question d’emblée et de passer à autre chose. Une des grandes blessures de ma vie, c’est d’être réduit, fixé à cette image qui me colle à la peau. Car, dès que l’on me voit, vient le mot « handicapé ». Ce parcours, cette contingence, cette infirmité m’ont donc fait vivre dix-sept ans dans une institution pour personnes handicapées. Malgré la douleur abyssale d’être éloigné de mes parents, le constat et l’émerveillement me gagnaient : je voyais chez des êtres entièrement paralysés une joie pleine et entière. J’ai tout de suite désiré cette joie. C’était désormais le but de ma vie : conquérir la joie inconditionnelle. Une phrase de Spinoza illustre la quête de mon existence : “Bien faire et se tenir en joie”. » (pp. 11-12)
– Parce que vous n’avez aucune idée de ce qu’est le Soûtra du Diamant, ce livre attribué au Bouddha.
– Parce que vous confondez abandon et résignation.
– Parce que vous confondez gratitude et résignation, aussi. Or, cet extrait montre bien la différence : « La gratitude n’est pas de nier le tragique de l’existence. Il ne s’agit pas de dire à quelqu’un qui est dans la souffrance : “Regarde tout ce que tu as de beau !” Ce serait presque insultant, cela le culpabiliserait de se sentir mal. La gratitude, c’est plutôt de se nourrir de ce qui va bien, de savourer tout ce qui est donné. » (p. 75)
– Parce que vous aimeriez qu’on vous dise que ce fameux « lâcher-prise » est en fait un « laisser être ».
– Parce que vous croyez qu’apporter le bien, c’est décider de ce qu’il est pour les autres. Or, « quand on croit savoir mordicus ce qu’est le bien pour l’autre, souvent on lui impose ses préjugés et l’on s’éloigne de ce qui est vraiment bien pour lui. Surtout, ne pas imposer le bien. » (p. 31)
– Parce qu’il contient cette magnifique citation de Jules Renard : « Il est plus difficile d’être un honnête homme huit jours qu’un héros un quart d’heure. » (p. 57) Ce qui nous rappelle que vivre en accord avec ses valeurs, c’est être déterminé à le faire jour après jour, ne pas céder à la colère ou à la facilité.
– Parce que certaines phrases aident particulièrement dans des périodes de deuil : « Oser la non-lutte. C’est peut-être le summum du courage. Comme le disait Epictète, distinguons ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. » (p. 71)
– Pour cette phrase formidable : « Dans son journal Une vie bouleversée, Etty Hillesum dit que l’on vit toujours au stade préparatoire. On espère le bonheur. On rencontre des gens pour être heureux. On fait du grec pour savoir quelque chose un jour. Tout ce que l’on accomplit l’est pour quelque chose d’autre, et cela risque fort de nous mener à l’épuisement. » (p. 79)
– Parce que vous pensez que les regrets sont un fardeau. Alors qu’il faut les accepter eux aussi, pour vivre en paix, et non pas les nier.
– Parce qu’au terme de ce livre, si on l’a lu pleinement, on est déjà en train de vivre une vie plus simple, j’en suis convaincue.

Avertissement de contenu :
Absolument aucun.



Les Quatre accords toltèques de Don Miguel Ruiz, Jouvence, 2005. Sorti en américain en 1997.
Genre : guide de développement personnel.

les quatre accords tolteques

Ce court texte explique de façon très claire et accessible quatre principes de vie fondés sur les quatre accords toltèques – après une brève introduction concernant justement la culture toltèque, culture ancestrale du Sud du Mexique. Ces quatre principes ont pour objectif de permettre à chacun d’améliorer sa vie :
1. « Que votre parole soit impeccable » – sur l’importance des mots, et le fait que nous sommes responsables de tout ce que l’on dit. Autant, donc, prendre toute la mesure et l’impact potentiel de nos paroles. Ne rien dire que l’on pourrait regretter – exemple facile : sous la colère, ou quand nous sommes stressés et fatigués
2. « Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle » – sur la nécessité de prendre du recul par rapport à tout ce qui nous arrive, particulièrement lors d’événements désagréables. Comprendre que si les gens croient nous viser, on peut décider de ne pas se sentir visés par l’agressivité des autres.
3. « Ne faites pas de suppositions » – sur le fait que la plupart des jugements que l’on croit émis par les autres le sont par nous-mêmes. Nous interprétons ce qu’ils disent, ce qu’ils pourraient dire, ce qu’ils pourraient penser dire… Et si on pensait juste moins à ce que pensent les autres ? Si des gens ont des choses à dire, ils le peuvent, inutiles de prédire leurs émotions et de sur-interpréter leurs réactions.
4. « Faites toujours de votre mieux » – dans une société qui court constamment après le succès, il peut être difficile d’admettre que l’on échouera forcément un jour ou l’autre. Et a fortiori, plus on essaie, plus il y a de risques d’échouer. Changer sa façon de voir le monde ne vient pas en quelques heures – il faut accepter que le chemin soit long ; et que parfois, notre parole ne soit pas impeccable, etc. Se pardonner, pour faire mieux ensuite.


La proximité de ces accords avec des thérapies comme la thérapie cognitivo-comportementale est relativement impressionnante. Que l’on soit sensible ou non à la sagesse et à la culture qui sous-tend ces accords, il est évident que l’on gagnerait énormément à les appliquer. Une manière de changer sa vie en en devenant le moteur, ni plus ni moins.

Pourquoi lire ce livre ?
– Parce que vous voulez un vocabulaire accessible et des idées applicables au quotidien, non pas simplement une réflexion philosophique.
– Parce que vous n’êtes pas allergiques au développement personnel.
– Parce que vous êtes ouverts sur d’autres cultures, et ne pensez pas que notre façon de vivre soit l’unique et/ou la meilleure qui soit.
– Parce que vous vous fichez complètement de la réflexion dans un sens plus large, vous voulez juste vivre mieux, et pas dans quinze ans. Vous êtes prêt à faire des efforts, mais il faut vous guider.

Avertissement de contenu :
Aucun.

Scrubs, saison 3, épisode 12
Genre : Humour. Sitcom traitant du milieu médical.


scrubs season 3

Un épisode centré sur la visite de Dr Kevin Casey, joué par Michael J. Fox. Dr Casey est un chirurgien brillant atteint de TOC sévères.

Pourquoi voir cet épisode ?
– Parce que déjà, Scrubs, c’est drôle. ça me fait toujours penser à tex Avery.
– Parce que Michael J. Fox est un très bon acteur, et qu’on pense à lui avec amour dès que quelqu’un emploie simplement le mot « retour », ou « futur ».
– Parce qu’il est possible de représenter très bien la douleur, l’irrationalité et la stigmatisation de cette maladie en 20 minutes, la preuve.
– Parce que le discours, globalement, est celui de l’acceptation. Oui, les TOC, c’est étrange et même dérangeant vu du dehors, mais les gens qui en sont atteints sont les premiers à en souffrir… Ces gens-là aussi tentent de leur mieux de vivre une vie normale. Et, s’ils le peuvent, de faire ce pour quoi ils sont doués.

Avertissement de contenu :
Les troubles représentés étant principalement la vérification et la peur de la contamination, l’angoisse ressentie peut être proportionnelle à la mesure dans laquelle ce personnage évoque vos propres troubles. Précisément pour cette raison, je suis particulièrement émue par une séance avec un interrupteur, et par la façon qu’a le personnage d’entrer dans les bâtiments. Cette série ose le montrer simplement, mais en temps réel.



Vernon Subutex, volume 3 de Virginie Despentes, Grasset, 2017.
Genre : dernier roman d’une trilogie. Notre génération a enfin sa Comédie humaine.


Vernon Subutex 3 Virginie Despentes

Pourquoi lire ce livre ?
– Parce que l’un des personnages est atteint de TOC, de la catégorie des Diogène: les accumulateurs.
– Parce qu’en présentant ce personnage vivant avec des TOC, Véro, on trouve subtilement placée une nuance immédiate: “Mais ce n’est pas elle qui a un toc, comme ils appellent ça. C’est le monde qui l’entoure qui débloque à plein tube. Qu’est-ce que c’est que cette manie de tout foutre à la poubelle? Ce n’est pas parce que tout le monde le fait que c’est raisonnable.” (p. 41)
– Parce que la mal-être est dépeint constamment, mais pas forcément comme on l’attend.
– Parce que le texte évoque les traumas individuels tout comme les traumas collectifs (attentats notamment).
– Parce que c’est Despentes.

Avertissement de contenu :
Ouhla. Comme toujours avec les textes de Despentes, des avertissements, vous vous en doutez, il y en a : représentation de la violence, dont violence sexuelle, rapports de domination exacerbés (classe, race, genre, …) et pas excusés comme souvent. A noter, donc : c’est la réalité qui est intolérable. Pas les textes de Despentes, eux nécessaires. Mais tenez-vous prêt.e.s, quoi.

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